2016/11/21

Londres 1815 (et Australie, même époque)




Paul Féval, Jean Diable (John Devil / Hans Teufel), 1863


Londres 1815

"Londres, au commencement de ce siècle, avait des profondeurs si étranges et de si incroyables barbaries qu’on est tenté de se demander si notre Paris du moyen âge lui-même est jamais descendu jusque-là. Certaines portions de la Cité, Saint Gilles Spital-Fields et les limbes honteuses qui sont devenues le riche quartier des docks défiaient réellement toute description ; il y avait des centaines de rues barrées à la police ; à midi, les jours de brouillard, on étouffait les passants derrière la Tour, et, dans cette ruelle où nous sommes, à quelques cinquante toises du théâtre où notre Talma joua Shakspeare, il fallait la pluie du ciel pour laver le ruisseau sanglant.

Londres ne connaissait pas alors cette humble providence de la rue, le surveillant qu’on nomme spécialement le policeman ; il n’y avait que des sergents, des watchmen et des constables ; jamais encore homme de police n’avait montré sa baleine plombée en vue du bouge épique où nous allons entrer, et dont j’ai lu de mes yeux, en 1815, l’étiquette effrontée Will Scharper’s spirit shop.

Le cabaret que précédait ce vestibule d’infamie était vaste presque autant qu’une église ; mais cette large étendue elle-même présentait un aspect hideux, à cause du plafond en planches de sapin qui s’élevait à peine à six pouces au-dessus de la tête des consommateurs. Une demi-douzaine de lampes fumeuses, placées, les unes sur des barriques servant de tables, les autres à terre, mettaient dans les ténèbres des lueurs vagues et roussâtres. Une véritable fourmilière humaine grouillait sur le sol, jonché de paille humide et de débris : des hommes, des femmes, des enfants ; beaucoup de femmes et beaucoup d’enfants.


À droite de la porte d’entrée, dont le seuil était à trois marches au-dessous des fanges de la ruelle, quatre barriques vides supportaient un plancher de sapin, servant de comptoir et entouré d’une palissade de bois brut, comme on en voit en plein champ. Sur le comptoir se mêlaient en un désordre calculé les brocs, les bouteilles, les cruches et même des petits barils contenant les spiritueux en faveur parmi le peuple de Londres. Le rack, le porter irlandais, le whiskey d’Écosse et le gin, le lugubre et mémorable gin, boisson notoirement empoisonnée, et qui tue juste trois fois plus vite que les autres liqueurs fortes. C’est la préférée, là-bas. – Nous avons l’absinthe chez nous.

Dans les cabarets où le gin est le maître, on ne veut, d’ordinaire, ni porter, ni ale, ni vin ; mais au Sharper, on vendait de tout. Jenny Paddock, la veuve de Jean Diable, vous eût fourni au besoin du johannisberg dans un verre cassé, et du lacrymacristi dans une écuelle. Jenny Paddock était une Écossaise de cinq pieds six pouces, forte encore et charpentée comme un homme, mais hâve, tremblante et les yeux brûlés à vif. Elle se tenait derrière le comptoir, car la royauté du cabaret Scharper’s était tombée en quenouille. Deux laids coquins et deux fillettes de quatorze ans exécutaient ses ordres souverains.


Vers onze heures avant minuit, le Sharper’s était plein comme ces étuis de fer-blanc où nos pêcheurs à la ligne emprisonnent les vivants appâts qui attirent les goujons de Seine dans la poêle.
D’un bout à l’autre de l’immense salle, on voyait, vautrés sur la paille ou dans la fange, des groupes, la plupart immobiles, cuvant la lourde ivresse du gin. Dans le parloir, quelques chevaliers d’industrie de bas ordre, un peu moins misérables que le commun de cette tourbe abrutie, faisaient les grands seigneurs avec des coureuses de nuit.

La plupart de celles-ci, chose horrible à dire, et qui est une des plus profondes malédictions du vice anglais, n’avaient pas atteint encore la taille de la femme, et, sous ce masque uniforme que le gin colle aux visages de toutes ses victimes, on voyait poindre parfois la naïveté du sourire de l’enfant.


La fumée des pipes, rabattue par le plafond trop bas, mettait dans l’air un nuage tellement opaque que le regard le plus perçant n’aurait pu pénétrer à dix pas de l’entrée ; on percevait seulement des mouvements confus et de vagues lumières au travers de ces suffocantes vapeurs. Le bruit n’était pas, à beaucoup près, aussi intense que nous pourrions le supposer d’après les habitudes de nos tabagies françaises ; c’était un murmure grave et sourd, avec des cliquetis d’étain et de cuivre. Parmi ce vaste grognement, un blasphème s’élevait tout à coup, ou une menace ou un démenti de jeu. Il y avait des femmes ivres solitaires qui chantaient je ne sais quoi de monotone et de lugubre ; d’autres râlaient la toux du gin.


En somme, pour nous qui savons les refrains de nos joies populaires, cette bizarre boutique des plaisirs londonniens eût ressemblé à une salle d’hospice où la surveillance relâchée aurait laissé l’orgie se glisser parmi les mourants. C’était le Temple obscène de l’agonie en goguette.

(...)
Chose singulière l’Américain, cet Anglais et demi, qu’il soit du Nord ou du Sud, esclavagiste ou abolitionniste, déteste l’Irlandais comme il hait le nègre. L’Américain a reconnu dans l’irlandais le nègre blanc. Il l’abhorre d’instinct, par suite de cette aversion pour le malheur qui est le signe distinctif de la race saxonne.

À Londres, la plus cruelle insulte qu’on puisse infliger à un homme c’est de l’appeler pauvre."


(Moll Flanders de Daniel Defoe et d'autres romans dont certains de Dickens décrivent l'abominable dépravation de l'Angleterre du 19° siècle)



Australie 1815


"Il y a huit cents lieues du cap York jusqu’au cap Wilson, et  nul ne connaît la largeur de la colonie en tirant du rivage vers l’ouest, où les montagnes Bleues ne sont pas une frontière.

L’Angleterre a pris sur la carte du monde, à vue de pays et sans tracer une limite précise, cette immense étendue pour en faire une prison ; elle a rejeté les noirs à l’intérieur où le sol aride et infécond ne nourrit ni ne désaltère l’homme. Partout où il y a une goutte d’eau, un fusil anglais la garde, afin que les anciens maîtres du pays ne viennent point la voler. Il faut que cette eau, refusée à l’homme, abreuve les bestiaux, les chevaux et les moutons de l’Angleterre. Sans eau, toutes ces bêtes qui valent de l’argent mourraient. On trouve des noirs morts de soif sur le sable, mais ces noirs sont des hommes libres, qui par conséquent ne valent rien.

Ils se vengent en assassinant les blancs quand ils peuvent, à l’aide de leurs longs épieux, piquants comme des aiguilles. Les anglais disent que ce sont des bêtes féroces ; ils les chassent à
courre bel et bien en cette qualité. Ainsi marche la civilisation. Je me trompe : le dernier gouverneur de Port-Jackson a fait imprimer des Bibles en un langage mixte que ni les blancs ni les noirs ne comprennent, et il a enrôlé ou plutôt ameuté un millier de naturels qui font la chasse aux convicts échappés, afin de les dévorer quand ils les trouvent. Ils ne rapportent que la chevelure et sont payés sur la présentation de cette pièce, à bureau ouvert.

Les femmes ne sont point transportées, sauf de rares exceptions qui semblent réglées par l’arbitraire. Cette énorme étendue de pays manque de femmes, et sans nul doute cette condition particulière augmente la sombre férocité des populations. Les colons, dont le nombre va incessamment en augmentant, sont très-souvent des célibataires aventureux qui viennent tenter un coup de fortune. Il y a néanmoins des pères de famille, mais comme les stations des squatters (on appelle ainsi les fermes et les fermiers) sont disséminées à de larges distances, suivant le cours des rivières, leurs filles et leurs femmes sont perdues pour la société des villes. Nul ne vient là pour y rester. Chacun se hâte d’élever, de tondre ou de tuer ses moutons pour retourner en Europe et vivre en gentleman. Un jupon est une curiosité dans les rues de Sidney, et c’est à Sidney qu’il y a le plus de femmes en Australie.

Pendant mon séjour, il m’est arrivé d’assister au débarquement d’une cargaison de femmes à Port-Jackson. Dans la colonie australienne, il est sévèrement défendu d’acheter de la chair humaine, de frapper et de blasphémer. On vendit toutes ces malheureuses au milieu d’une tempête de jurons et de horions, à la face du soleil, sur le môle même, où le sang ruisselait."


2016/10/17

Provence, Providence




Des aboiements derrière ma porte. Réveil en sursaut. Je ne fais qu'un bon jusqu'à la serrure pour voir, au moment où je passe le seuil, un chien noir, de taille moyenne, plutôt gras, mais bien noir et blanc, qui se sauve de toutes ses pattes dans l'escalier. Je prends une poignée de cailloux que je lance prestement, puis une autre. Il a filé. Je lève les yeux pour voir deux des chatons accrochés au mur, littéralement, de toutes leurs griffes, arrimés au crépi comme s'il était en liège, le poil hérissé, le dos courbé, immobiles et grondant sourdement. Bien ça. Les décrocher est moins facile que d'enlever un chapeau chinois au rocher où sa ventouse le colle, et le crépis est du ciment ! Bon, un troisième sur le toit, un autre en haut du pin et le cinquième à la porte du voisin. Pas d'avarie, tous présents.






La mort est passée près. Des grenades pourrissent sur des grenadiers. Un litre de jus de grenade vaut 6 euros au supermarché en France, et bien plus ailleurs. Les vergers sont pleins de ces fruits brun rouge, parfois un peu jaunes, parfois rouge vif. Les fruits tombent ou prennent une couleur brune. Ils pourissent, faisant la joie des mouches qui y pondent leurs oeufs. Juchés sur une vieille petite moto, deux petits vieux passent, lentement, la femme en amazone, le visage ridé. Les enfants sont partis, à Athène et vers Athen, USA. La vie s'échappe de la foule qui marche vers son but unique et multiple, comme ces visages glabres et pâles des hommes de Tbilissi pendant l'ère communiste. Remonter l'avenue, faire le tour de la place et revenir. C'est dimanche. Marchons. Aucune cloche ne sonne, rien qu'un murmure sourd sous un ciel de plomb. Respiration confuse, regards éteints, le ventre d'une baleine est moins sombre que tous ces yeux sans vie.

La mère est arrivée, haletante comme un caniche dans le désert, épuisée, le sang vide d'énergie. Je verse des croquettes en tas. A peine en mange t-elle quatre fois, toujours essoufflée, qu'elle s'éloigne pour lancer ce roucoulement grave et doux. Elle appelle ses petits, à peine rassasiée, chancelante encore. La vie. Elle se dit Princesse, fille de Princesse. Elle habite au troisième, avec le chauffage central d'octobre à avril. Deux petits enfants vont et viennent, très occupés, bons enfants. En passant ils jettent un regard par la porte, curieux, intelligent, furtif. Trois verres de coca a demi vides. Les cris de la cour se confondent avec ceux des mouettes, le soir tombe, au revoir Princesse, merci Princesse. Rouge, impair et passe.

Cependant, il faut. Oui, il faut car s'il ne fallait pas, que faire, où aller, que croire ? Abondance ne signifie pas richesse, bien au contraire. Il ne manque de rien dans certains quartiers. La volonté de vouloir y domine, sans autre but que de vouloir, pour vouloir. Là, il ne faut pas, car nous voulons. Quoi ? N'importe puisque je veux, puisque tu veux, n'est-ce pas assez, n'est-ce pas mieux de vouloir que de devoir ? Cherchons, cherchons encore, ensemble, tous ensemble mais chacun pour soi car tu ne me vaux pas. Allez, allons, va toujours. Ah ! Qu'elle est belle cette rose d'automne, cette rose qui va se faner, rose au parfum suave, rose du dimanche, rose inconnue dans le brouillard du petit matin, lanterne dans la grisaille, entre chien et loup.

















Pas de fleurs dans l'océan mais la crête des vagues étincelle. Le soleil est là, brûlant, salé, énervant. Les caillous ne l'ont pas touché. Il reviendra. La vie. Bonjour, je m'appelle Siméon. Elle avait trente ans et pas d'enfants. Elle a un garçon, en Ecosse, maintenant un homme, même, c'était il y a si longtemps. La vie. Elle sait, elle savait, et elle n'a pas su car elle a voulu, elle l'a voulu. Non, elle ne regrette rien, peut-être simplement un foulard de soie vert et bleu avec un liseré doré. Forcalquier, une croix, la place du marché, le soir un bal folk. Sous les étoiles quelques feux dans une clairière en pente douce et la musique, des polkas, des mazurkas, même une bourrée, il fait frais, l'air est sec. La petite camionnette roule lentement sur cette route qui tourne sans cesse, qui monte et descend éclairée par la pleine lune entre des montagnes bleues, nous sommes trois devant.

L'homme est un être étonnant. Il flotte sur lui comme une malédiction. Oh ! Pas une malédiction Chrétienne, de celles qui font de nous des marionnettes mais un souffle de lassitude, un désir d'ignorance, une marée de lâcheté qui en se retirant laisse à nu des désirs échevelés, des forces contraires, des vagues qui se heurtent sans plus obéir ni au vent ni au courant, affolées par des écueils à fleur d'eau. Ce n'est pas que l'homme soit nouveau sur terre, non, des millénaires nous précèdent sur lesquels nous jetons un regard désabusé, contrit, pesant. Les heures passent et nul ne s'éveille car aucun n'a dormi, de ce bon sommeil qui fait des matins neufs, de cet assoupissement pétri de songes animés, de romans inachevés, d’entraînements insensés. L'homme ne dors ni ne veille mais suis sa trace, marquée dans un néant peuplé de fantômes, ombres animées qui rient de se voir avancer à la lumière quant au dedans tout est sombre comme dans un cloître gothique.





Comme la madeleine de Proust, l'odeur âcre et mielleuse du figuier fait vibrer une corde oubliée. Dans une clairière de petits chênes noueux, aux feuilles marrons, sèches et craquantes je m'élance et je danse, je tourne en rhytme, serrant une main puis une autre, grisé d'allégresse et d'oubli. Je sors à peine d'une citroen GS, voiture d'un voyageur de commerce allant à Digne. Le cendrier déborde de mégots de Gitane sans filtres, tous exactement de la même taille. Depuis trois heures qu'on roule, la nuit est venue. Les phares jaunes éclairent peu mais on ne va pas vite car la discussion ne s'arrête pas. Mais si, une bonne monarchie vaut mieux que la république, et laisser vos mains sur le volant, merci. Si je ne vis pas dans un tonneau, c'est bien qu'on ne me laisserait pas, et arrêtez, c'est là, au milieu de nulle part, sous les étoiles. J'avais seize ans.

2016/09/21

Droit devant




Il y a peu de lignes droites dans la nature mais, en s'élançant de courbes en courbes, il n'y a que peu d'échecs. La nature arrive toujours à son but.

L'homme, cette espèce dominante depuis plusieurs milliers d'années sur terre ne voit que des lignes droites. La courbe est une perte de temps, d'énergie. L'homme voit sa réalité en système binaire, zéro ou un.

L'espèce dominante représente le paradoxe d'être l'espèce la plus dominée sur terre, par ses semblables, et par les lois qu'elle s'est donnée afin d'éviter les courbes.

Cependant, pendant que l'homme civilisé s'élève en ligne droite, selon lui, la nature humaine n'a pas pour autant cesser d'évoluer, en courbes. L'anthropocène est une illusion.

Il doit donc arriver un moment où la ligne droite du progrès se croisera à la ligne courbe de l'évolution naturelle. Mais, si l'homme ne pense qu'à lui, à ce qu'il croit représenter par son évolution, son passé, la nature elle n'a que faire de continuer un même type et de le développer à l'infini. La courbe de l'évolution humaine doit donc, à l' insu du sujet lui-même, métamorphoser les hommes en une future nouvelle espèce qui ne pourra que se confronter avec celle de l'homme civilisé devenu un concept stérile.

Le véritable challenge humain n'est pas d'assurer la sécurité de l'espèce, au prix de la perte de sa liberté, mais d'envisager et de développer ce qui en l'homme est encore inconnu, ce qui est deviné, ce qui n'existe pas dans les conditions linéaires d'une existence fondée sur l'acquis, sur la tradition, sur le passé.

Dans cette perspective, deux conditions sont nécessaires et inévitables. La première est de ne jamais s'éloigner de la nature, nature humaine et nature environnante et la deuxième est de bannir des comportements tout ce qui tend à réduire l'homme à un être explicable, compréhensible, un être que l'on peut classer en catégories, que l'on peut former et déformer selon les besoins, que l'on peut soumettre à des expériences forcément réductrices et avilissantes, que l'on peut regrouper sous des bannières factices.

En d'autres termes, ce qui assurera l'avenir de l'espèce humaine est ce qui la rendra la plus diverse, la plus libre de ses choix individuels, la plus respectueuse de ses différences, pourvu que ce soient des différences naturelles et non sociales. Faute de quoi, l'homme se rapetisse, s'uniformise et dégénère lamentablement et exponentiellement comme c'est le cas à notre époque plus qu'à toute autre.

Le plus grand obstacle à l'épanouissement d'une société, non pas multi-culturelle mais multi-individuelle, en incluant dans la notion d'individu celui de famille au sens restreint, est la 'volonté de vouloir', les désirs de puissance et de gloire qui ne sont réalisés qu'au sein d'un groupe, d'une civilisation bornée à des valeurs tant unificatrices que réductrices. L'homme doit s'émanciper de la vision sociale, du culte du semblable permettant de prendre l'unification comme un milieu propice à l'élévation personnelle.

British "Empire"

Le principe de la non-évolution de l'homme, ou même de sa régression vient du fait que ce n'est pas l'homme qui crée la société humaine à son image naturelle et divine mais que c'est la société qui fait des hommes selon ses principes.

Afin de faire cesser ce désastre sisyphéen, il faudrait que les hommes élèvent leurs enfants à devenir des êtres humains au lieu d'en faire de futurs composants sociaux. Or, c'est généralement le cas tant que l'enfant reste reste conscrit dans sa famille. De fait, la plupart des bébés reçoivent de leurs parents, et principalement de leur mères, doit-on souligner, des enseignements conformes à la nature humaine. Sauf exception, jusqu'à trois ans, chaque petit d'homme est élevé en futur homme.
La suite change beaucoup selon les milieux mais c'est majoritairement à l'adolescence que le petit individu devient un petit rouage social. Il faudrait distinguer selon les différentes cultures pour analyser ce phénomène avec toute la profondeur et l'exactitude requise mais, connaissant la "civilisation" occidentale, je vais essayer de préciser dans ce cadre.

La première constatation à faire est que les familles n'ont que peu de moyens pour assurer l'éducation de leur enfants au-delà de trois ans. Le temps à consacrer à un enfant est celui d'une vie entière pour un adulte, la mère en l’occurrence, et bien peu de jeunes mamans de nos jours peuvent se permettre financièrement de ne se consacrer qu'à cette tâche. D'autre part, les parents ont petit à petit perdu l'expérience nécessaire à l'éducation d'un jeune enfant et enfin, les conditions de vie urbaines font que l'environnement est en général inadapté faute d'espace, et ce même à la "campagne" dans bien des cas.

Ensuite, l'influence des comportements sociaux, des déviations devrait-on dire, se fait sentir même dans le cas d'une éducation parentale complète, et ce de plus en plus fortement au fur à mesure que l'enfant prend contact avec le monde extérieur, par goût autant que par obligation. A partir de 3 ans, la crèche commence le rôle égalisateur de la société pour beaucoup et, à 6 ans, l'école obligatoire commence son laminage à deux faces. La vie de l'enfant passe de l'environnement familial à celui du groupe, avec ses comportements stéréotypés sous la totale influence du modèle social prévalent, et concurremment, l'enfant commence à être soumis à l'endoctrinement des préceptes dominants de la société.

La deuxième étape, sera la dernière car toute la vie qui suivra dépendra de cette "formation" originelle en deux phases, l'enfance et l'adolescence. Adolescent, le jeune homme commence à chercher quelle sera la place à laquelle il pourra atteindre dans la société qu'il comprend dans ses grandes lignes. De lui-même maintenant, il va se "former" afin de réaliser à moyen terme tel ou tel rêve individuel et social selon les paramètres qui lui ont été inculqués enfant. La petite enfance ne représente plus rien à partir de là sauf pour un ensemble de comportements qui avaient été mis en place par sa famille d'origine. L'adolescent est déjà potentiellement un maillon de la chaîne sociale des pieds à la tête, il ne lui manque que la signature au contrat.



 Là, j'écris à bord du Ferry Grèce-Italie et je n'ai remis les pieds dans le "monde" qu' aujourd'hui depuis trois mois. Quelle tristesse, quelle petitesse, quelle mesquinerie. Les hommes parlent fort, les femmes se comparent, personne ne se parle si ce n'est pour médire, pour mépriser, pour se moquer, pour renchérir avec force sur les lieux communs ambiants les plus vulgaires, que ce soient les chauffeurs de poids-lourds Albanais où les riches Italiens en SUV. Regards hautains, course à la "meilleure" place, meilleure parce que 'tout le monde' la veut, la place en vue, la place Number One, records d'orgueil, de domination, de servilité, d'obséquiosité, de comportements autistiques sans même que tous ces "hommes" puissent être excusés de présenter des troubles de l'entendement avérés ... Tous autistes sans le savoir, en réalité !!

Une des principale raison de ce délabrement est que, tous autant qu'ils sont, ils têtent la même mamelle, vivent entassés et boivent le même poison social. Mêmes informations pour continuer une même 'formation', sur laquelle je vais revenir pour terminer l'adolescence, même divertissements, même nourriture, mêmes logements, mêmes désirs, mêmes espoirs ... des boulons dans une machinerie à l'échelle planétaire, avec des variantes locales.

Or, si l'homme est conditionné par la société, il n'en est pas moins avide de se voir tel. En effet, l'homme a besoin de se savoir quelque chose et, faute de pouvoir se considérer pour ce qu'il devrait être, un homme 'supérieur' par nature, force lui est de se réfugier à être un homme social, quelle que soit l'infériorité en résultant, pourvu qu'il croit voir dans le miroir une supériorité relative. S'il est un masque dont il revêt sa physionomie avec une égale vanité et vivacité, c'est celui de la nullité arrogante et agressive.


Balzac, L'employé, pp 202-204

"À l’aspect de ces étranges physionomies, il est difficile de décider si ces mammifères à plumes se crétinisent à ce métier, ou s’ils ne font pas ce
métier parce qu’ils sont un peu crétins de naissance. Peut-être la part est-elle égale entre la Nature et le Gouvernement. « Les villageois, a dit un inconnu, subissent, sans s’en rendre compte, l’action des circonstances atmosphériques et des faits extérieurs. Identifiés en quelque sorte avec la nature au milieu de laquelle ils vivent, ils se pénètrent insensiblement des idées et des
sentiments qu’elle éveille et les reproduisent dans leurs actions et sur leur physionomie, selon leur organisation et leur caractère individuel. Moulés ainsi et façonnés de longue main sur les objets qui les entourent sans cesse, ils sont le livre le plus intéressant et le plus vrai pour quiconque se sent attiré vers cette partie de la physiologie, si peu connue et si féconde, qui explique les rapports de l’être moral avec les agents extérieurs de la Nature.

Or, la Nature, pour l’employé, c’est les Bureaux. (...) plusieurs médecins distingués redoutent l’influence de cette nature, à la fois sauvage et civilisée, sur l’être moral contenu dans ces affreux compartiments, nommés Bureaux, où le soleil pénètre peu, où la pensée est bornée en des occupations semblables à celle des chevaux qui tournent un manège, qui bâillent horriblement et meurent promptement (...)

Aussi faut-il avoir hanté les Bureaux pour reconnaître à quel point la vie rapetissée y ressemble à celle des collèges ; mais partout où les hommes vivent
collectivement, cette similitude est frappante : au Régiment, dans les Tribunaux, vous retrouvez le collège plus ou moins agrandi. Tous ces employés, réunis pendant leurs séances de huit heures dans les bureaux, y voyaient une espèce
de classe où il y avait des devoirs à faire, où les chefs remplaçaient les préfets d’études, où les gratifications étaient comme des prix de bonne conduite donnés à des protégés, où l’on se moquait les uns des autres, où l’on se haïssait et où il existait néanmoins une sorte de camaraderie, mais déjà plus froide que celle du régiment, qui elle-même est moins forte que celle des collèges. À mesure que l’homme s’avance dans la vie, l’égoïsme se développe et relâche les liens secondaires en affection.

Enfin, les Bureaux, n’est-ce pas le monde en petit, avec ses bizarreries, ses amitiés, ses haines, son envie et sa cupidité, son mouvement de marche quand même ! ses frivoles discours qui font tant de
plaies, et son espionnage incessant."


Cet intermède balzacien nous permet de reprendre le sujet à l'adolescence. Après avoir été conditionné pendant l'enfance à accepter une vie de groupe et à en tirer tant bien que mal la plus grande source de son existence, tant en rétribution morale qu'intellectuelle ou affective, l'enfant devenu 'sociable' apprend désormais à tirer parti de son existence communautariste.
Il est de fait que l'homme n'est pas fait pour vivre seul, mais, s'il doit avoir commerce avec ses semblables, ce n'est pas pour que ce commerce supplante sa vie individuelle et familiale.

Les grands rassemblements d'hommes ne devraient pas être la norme. Le prétexte que, sans cet état collectif, la civilisation n'avancerait pas est un leurre. Les plus grands progrès de l'humanité ne sont pas pour la plupart du à ces rassemblements mais bien à des découvertes individuelles et, si l'on prend comme justification la puissance de création de ces rassemblements, une cathédrale du Moyen Age par exemple, il faut bien constater que ces réalisations n'ont en rien amélioré la civilisation ambiante.

Si l'on prend comme autre exemple le développement d'une grande ville, que ce soit Babylone ou New York, de la même façon ces monstres de civilisation n'ont apporté que peu de grands progrès tant dans l'étendue que dans la durée. Si peu après la naissance de ces cités on a vu s'y développer des réalisations grandioses, leur extension et leur continuation n'ont entraîné que des crimes, des corruptions, des déboires collectifs et individuels à l'encontre de leur prétention au développement et à l'amélioration de la condition humaine dont elle étaient le prétexte.

La mise en commun d'un grand nombre d'existence n'engendre en réalité que de la soumission, de la haine, du désespoir, toutes choses négatives et propices uniquement à la mise en pratique d'une société tyrannisée. Le seul profit d'un état collectif de l'humanité est celui qu'en font les tyrans qui profitent de la dégradation des hommes pour les dominer, les diriger et les maintenir dans cette condition avec la facilité d'un maître d'école ou d'un sergent, sauf que ces hommes ne sont plus ni des enfants ni des soldats.

Si on peut éventuellement considérer que la réunion des hommes en troupeaux part d'une bonne intention, ce qui n'est généralement même pas le cas, leur maintien dans cet état transforme inéluctablement l'idée 'généreuse' en système asservissant. La médiocrité voulue et imposée devient alors la norme qui remplace celle de la réalisation de grandes choses en formant de grands hommes.



2016/09/05

Balzac ... & moi




J'ai mis dix ans à répondre à la question posée par Etienne de La Boétie il y a près de cinq cent ans, et même quarante si je considère que j'avais connu et retenu son texte depuis la classe de terminale, à savoir pourquoi les hommes se complaisent dans un état de 'servitude volontaire'. Certes, La Boétie donne des raisons à cet état maladif mais la cause profonde est restée selon moi inexpliquée.

Or, ce n'est que vers la fin juillet dernier que je pense avoir trouvé une réponse définitive. De là, quelle ne fut pas ma surprise il y a quelques jours de retrouver cet argument en lisant Balzac !

Balzac est un des génies de l'humanité. Plus qu'un écrivain, c'est un Penseur, un psychologue et un sociologue de haut niveau qui fait mieux comprendre l'humanité que dix volumes des soi-disant grands hommes de ces domaines.

Voila donc la simple phrase qui répond à la question de La Boétie, posée alors qu'il avait 33 ans, le même âge que Balzac quand il écrivit le roman dont la fin est reproduite ci-dessous ... Pour lors, je suis un peu en retard, comme dirait le Lapin d'Alice !!

Apprenez cette phrase par coeur, enseignez-là à vos enfants, c'est la "solution des solutions" !!!


Le curé de tours

"Nous vivons à une époque où le défaut des gouvernements est d’avoir moins fait la Société pour l’Homme, que l’Homme pour la Société. 

Il existe un combat perpétuel entre l’individu contre le système qui veut l’exploiter et qu’il tâche d’exploiter à son profit ; tandis que jadis l’homme réellement plus libre se montrait plus généreux pour la chose publique. Le cercle au milieu duquel s’agitent les hommes s’est insensiblement élargi : l’âme qui peut en embrasser la synthèse ne sera jamais qu’une magnifique exception ; car, habituellement, en morale comme en physique, le mouvement perd en intensité ce qu’il gagne en étendue. La Société ne doit pas se baser sur des exceptions.

D’abord, l’homme fut purement et simplement père, et son coeur battit chaudement, concentré dans le rayon de sa famille. Plus tard, il vécut pour un clan ou pour une petite république ; de là, les grands dévouements historiques de la Grèce ou de Rome. Puis, il fut l’homme d’une caste ou d’une religion pour les grandeurs de laquelle il se montra souvent sublime ; mais là, le champ de ses intérêts s’augmenta de toutes les régions intellectuelles.

Aujourd’hui, sa vie est attachée à celle d’une immense patrie ; bientôt, sa famille sera, dit-on, le monde entier. Ce cosmopolitisme moral, espoir de la Rome chrétienne, ne serait-il pas une sublime erreur ? Il est si naturel de croire à la réalisation d’une noble chimère, à la fraternité des hommes. Mais, hélas ! la machine humaine n’a pas de si divines proportions. Les âmes assez vastes pour épouser une sentimentalité réservée aux grands hommes ne seront jamais celles ni des simples citoyens, ni des pères de famille.

Certains physiologistes pensent que lorsque le cerveau s’agrandit ainsi, le coeur doit se resserrer. Erreur ! L’égoïsme apparent des hommes qui portent une science, une nation, ou des lois dans leur sein, n’est-il pas la plus noble des passions, et en quelque sorte, la maternité des masses : pour enfanter des peuples neufs ou pour produire des idées nouvelles, ne doivent-ils pas unir dans leurs puissantes têtes les mamelles de la femme à la force de Dieu ?

L’histoire des Innocent III, des Pierre-le-Grand, et de tous les meneurs de siècle ou de nation prouverait au besoin, dans un ordre très élevé, cette immense pensée que Troubert représentait au fond du cloître Saint-Gatien.

Saint-Firmin, avril 1832."




2016/08/19

Certes, je suis bien désolé d'être né homme !



On dit l'homme supérieur aux animaux ... c'est faux. Les animaux ont une âme, une sensibilité, un esprit tout comme nous. De plus, chacun selon son espèce, ils sont bien plus performant que nous, en résistance, en perception, en tendresse, en attention, en force, etc. Seulement, ils sont restés plus spécialisés que l'homme de par leur nature même.

Le seul avantage que possède l'homme, en dehors de son universalité de potentiels est dans la plupart des cas un immense inconvénient: il peut faire le mal. Cette possibilité ne devient une qualité, un avantage que s'il ne le fait pas, et ce n'est malheureusement le cas que pour un homme sur un million.


En général autant qu'en particulier, l'homme méprise son prochain. L'exemple du 'général' est parfaitement illustré par les logos animés de Google comme celui du dessus. Le particulier est encore plus facile à observer ... Marchez sur le trottoir et regarder les personnes que vous croisez, ça fait frémir. Regards hautains, quand on daigne croiser le votre, agressivité, et pour quoi ? Et plus le trottoir se trouve dans un endroit se considérant civilisé, plus l'impression est forte ...

Dédain, supériorité, quelle différence avec la considération qu'on obtient à la moindre rencontre d'un animal, excepté les chiens domestiques qui se sont fait des masques d'hommes ... Arrogance, vanité, superstition, l'homme est vraiment un bien pauvre animal.


Crime after crime ... Telle est l'histoire de l'humanité, et pire, la pente est ascendante, et pire encore, exponentielle ! Ce n'est pas ici l'endroit de dresser une liste mais pour la suite de l'exposé, je tiens à rappeler plusieurs atrocités, parmi tant, qui ont lieu en ce moment même où j'écris ces lignes.

L'Afrique, sur la frontière méridionale du Tchad et du Niger se trouve le lac Tchad, ou ce qu'il en reste, et la ville de N’Djamena, déja de si triste mémoire. Tout autour de ce lac sévit une famine atroce. Des bébés meurent de faim, desséchés de l'intérieur comme de l'extérieur sur les genoux de mères qui ressemblent à des squelettes. Le lac Tchad est juste à l'est de la route des clandestins qui remontent par le Niger en payant parfois 6/8000 euros pour avoir l'espoir d'arriver en Europe, paradis illusoire dont ils ont vu quelques images brillantes sur une télé de quartier au Burkina ou au Mali. La moitié meurent en route, un quart sont enrolés dans des milices locales en Libye ou ailleurs et le reste se noit sur des radeaux sauf une poignée qui finit derrière des barreaux en Italie. Pauvres coeurs, si ils savaient !

Le Moyen-Orient où sévissent des barbares dont les Huns auraient eu honte et que les Nazis renieraient, des diables à l'apparence humaine financés, entrainés, instruits et soutenus par l'Amérique, l'Angleterre et Israël principalement, directement ou"par négligence", deux exemples de véhicules seulement ... Ces diables commettent des crimes plus horribles que tous ceux qui ont vu le jour jusqu'à présent, et ce sont les Anglos-Saxons qui les y poussent, remember Abu Ghraïb ?

Dans le premier cas, l'Afrique, il suffit de voir cette carte des réserves aquifères pour comprendre que le Sahara pourrait être transformé en un grand potager si les puissances occidentales divertissaient un millième de leurs efforts à pomper du pétrole pour pomper de l'eau, et amenaient quelques machines pour faire fructifier le tout au lieu de construire des fusées et des bombes.


Le second cas rejoint le premier en ce sens que ce sont les personnes les plus puissantes du monde qui, au lieu de se servir de leur puissance pour aider les faibles, non seulement les ignorent mais aggravent leur détresse, consciemment, volontairement, diaboliquement.

Eh bien, ce monde sans pitié, sans coeur, sans âme est une malédiction planifiée, voulue et mise en place par des hommes qui, s'ils n'en n'ont plus la qualité en ont encore l'apparence. Eh bien ce monde ne peut permettre à personne de s'y trouver heureux, de s'y sentir chez soi, de se dire que si on ne peut aimer l'homme, on peut toujours aimer Dieu ... Non Mister Henry Makow, dans la situation présente, il n'y a plus d'amour possible, même pour Dieu et si vous êtes un brin anxieux, si vous avez décidé de vivre sans peur et sans reproche, laissez-moi vous dire que moi, j'ai peur. M'enfin, mieux vaut avoir peur des hommes que de Dieu, non ?

Et je n'ai pas tant peur des diables qui cultivent des dollars sanglants que des masses qui se soumettent à leurs programmes de lavage de cerveaux et qui, eux, cultivent leur bêtise comme les premiers arrosent l'oppression. Tous coupables, par action ou par omission.

Et, à l'instar de Yaakov en réponse à Pharaon, je dirai: 
"Il a été court et malheureux le temps de mes années de vie". (Gn 47.9



Le remède : être un imbécile heureux, mais ce n'est pas donné à tout le monde quoique la majorité s'en contente !!


ps: si vous vouliez avoir une idée sur la possibilité des conditions de réalisation d'une société juste et bien-faisante, lisez donc Le médecin de campagne d'Honoré Balzac, et particulièrement les pages 273 à 281.


nb: les quelques exemples de barbarie insérés en liens dans le texte sont une goutte d'eau dans l'océan de boue qui nous submerge, you know ?!

related (among thousands subjects):

America's "humanitarian war" against the world
Uncontacted Tribes facing extinction in massive amazonian forest fires
Infants deeply traumatized by common medical procedures, new study suggests


2016/08/18

Propre et sans tache !!



Que les hommes sont bêtes ... et méchants !!

Le roi dit l'état, c'est moi.

La république dit, l'état c'est vous autres.

les oligarchies disent, l'état c'est nous.

Mais qu'il s'agisse d'une royauté, d'une démocratie ou d'une autocratie, l'état est là qui impose son arbitraire tyrannie.

L'anarchie serait la seule position soutenable si elle n'aboutissait fatalement au nihilisme.

Je dis donc: l'état, c'est Dieu, et les hommes sont ses servants, les servants de la nature, de leur propre nature, dont l'unique tâche est de la rendre propre, en servant Dieu, à se servir eux-mêmes, chacun pris à part et tous pris ensemble ...

Eh, pas le Dieu des religions mais celui des crapauds, moineaux et autres bestioles circulant au gré des moissons du ciel.


Oui, tant que la société se laissera gouverner par un pouvoir humain, quel qu'il soit, prétendant la représenter, nous pourrons dire ...

Avec Fenimore Cooper (Les pionniers):

À LA MÉMOIRE
D’un chef indien
De la tribu Delaware,
Connu sous les noms
De John, de Mohican, de Chingagook
Qui habita ce pays.

S’il eut des défauts, 
Ce furent ceux d’un Indien;
Et ses vertus 
Furent celles d’un homme.


Avec Paul Féval (Le capitaine fantôme):

Antioh avait vieilli Gitana comme don Blas grand d’Espagne. 

Ses vices étaient de la Gitana; sa fierté était d’elle-même. 


Avec Honoré Balzac (La cousine Bette):

Vous avez l’âme meilleure que la conduite et que la parole. 

Dieu vous a donné votre âme, et vous tenez vos idées du monde et de vos passions !



Balzac, Mémoires de deux jeunes mariées

"Sais-tu, mon enfant, quels sont les effets les plus destructifs de la Révolution ? tu ne t’en douterais jamais. En coupant la tête à Louis XVI, la Révolution a coupé la tête à tous les pères de famille. Il n’y a plus de famille aujourd’hui, il n’y a plus que des individus. En voulant devenir une nation, les Français ont renoncé à être un empire. En proclamant l’égalité des droits à la succession paternelle, ils ont tué l’esprit de famille, ils ont créé le fisc ! Mais ils ont préparé la faiblesse des supériorités et la force aveugle de la masse, l’extinction des arts, le règne de l’intérêt personnel et frayé les chemins à la Conquête.

Nous sommes entre deux systèmes : ou constituer l’État par la Famille, ou le constituer par l’intérêt personnel : la démocratie ou l’aristocratie, la discussion ou l’obéissance, le catholicisme ou l’indifférence religieuse, voilà la question en peu de mots. J’appartiens au petit nombre de ceux qui veulent résister à ce qu’on nomme le peuple, dans son intérêt bien compris. Il ne s’agit plus ni de droits féodaux, comme on le dit aux niais, ni de gentilhommerie, il s’agit de l’État, il s’agit de la vie de la France. Tout pays qui ne prend pas sa base dans le pouvoir paternel est sans existence assurée. Là commence l’échelle des responsabilités, et la subordination, qui monte jusqu’au roi. Le roi, c’est nous tous ! Mourir pour le roi, c’est mourir pour soi-même, pour sa famille, qui ne meurt pas plus que ne meurt le royaume. 

Chaque animal a son instinct, celui de l’homme est l’esprit de famille. Un pays est fort quand il se compose de familles riches, dont tous les membres sont intéressés à la défense du trésor commun : trésor d’argent, de gloire, de privilèges, de jouissances ; il est faible quand il se compose d’individus non solidaires, auxquels il importe peu d’obéir à sept hommes ou à un seul, à un Russe ou à un Corse, pourvu que chaque individu garde son champ ; et ce malheureux égoïste ne voit pas qu’un jour on le lui ôtera.

Nous allons à un état de choses horrible, en cas d’insuccès. Il n’y aura plus que des lois pénales ou fiscales, la bourse ou la vie. Le pays le plus généreux de la terre ne sera plus conduit par les
sentiments. On y aura développé, soigné des plaies incurables. D’abord, une jalousie universelle : les classes supérieures seront confondues, on prendra l’égalité des désirs pour l’égalité des forces ; les vraies supériorités reconnues, constatées, seront envahies par les flots de la bourgeoisie. On pouvait choisir un homme entre mille, on ne peut rien trouver entre trois millions d’ambitions pareilles, vêtues de la même livrée, celle de la médiocrité."



2016/08/17

Le monde des valeurs




Henri Makow a écrit un texte qui dit en résumé:
"Aujourd'hui, quand un jeune homme rencontre une jeune fille, ils ne font plus l'amour, ils couchent ensemble".
C'est très juste, comme tous ses écrits contre le féminisme, la perversion des moeurs, le communisme et l'homosexualité.

Cependant, il faut aller plus loin pour tenter d'expliquer cette déchéance contemporaine qui ne date que de cinquante ans !!

                                                                SG-2011

Ce n'est qu'en lisant les textes des romanciers* du 19ème siècle qu'on peut avoir une idée de la différence qui existe entre nous et nos aïeux. On s'aperçoit alors qu'à cette époque, et jusqu'au milieu du vingtième siècle environ, les hommes, les femmes et les enfants étaient profondément différents de ce que nous sommes devenus.

D'une part, l'enfance se passait dans les liens familiaux. La famille avait le respect d'elle-même, les adultes se respectaient eux-mêmes, respectaient les enfants et inversement. L'important de la vie se concentrait sur la cellule familiale. Il existait bien des activités en dehors mais celles-ci ne prenaient jamais le pas sur celles de l'intérieur. Bien sur, les individus n'étaient pas parfait mais leurs défauts mêmes n'altéraient pas les liens entre les éléments d'une famille quoiqu'elle ait à en souffrir.

Un enfant n'était jamais qu'un enfant tant qu'il n'avait pas les moyens de devenir adulte par l'acquisition d'un métier, la volonté et le courage de s'installer hors de chez lui. Jusque là, il restait enfant, c'est à dire étudiant de la vie chez ses parents. Or, ces enfants quelle que soit leur condition sociale et familiale arrivaient à l'adolescence avec une connaissance des valeurs fondamentales de la vie relativement complète et sans illusion. Ils avaient eu l'occasion de se former sur les beautés et les écueils de la vie sociale sans fausses espérances ni mauvais calculs, pour la majorité, car la société était uniformément représentée dans tous ses milieux par les bons et les mauvais côtés des individus.

L'enfant apprenait à juger les hommes car les hommes à cette époque avaient des valeurs morales qui primaient sur les valeurs matérielles. La famille, centre naturel de la représentation de ces valeurs était considérée pour elle-même, pour le rôle qu'elle doit jouer dans l'instruction d'un enfant, tout en ayant je le répète ses défauts inévitables qui pourtant ne détruisaient pas son importance première. Le but, l'accomplissement de ces valeurs, était interne et personne ne songeait à le renier ou à la modifier faute de l'atteindre.


Un des principes de cette vie oubliée était de dire à son enfant, non pas "tu as le droit de ou tu n'as pas le droit de..." mais "tu as le devoir de ...". L'apprentissage était actif et interne au lieu qu'il est devenu passif et externe. Il n'y avait pas de frein à l'imagination ni à la bonne volonté en proposant par des solutions extérieures des chemins tout tracés et des programmes à accomplir. Chaque enfant était libre de s'imaginer son avenir sans aucune limite autre que celle de respecter ses devoirs et sa famille.

En ceci, la société humaine correspondait encore à sa nature en donnant la primauté à ses valeurs et à son noyau vital. Ainsi, un 'petit d'homme' apprenait à devenir un homme par l'exemple de la même façon que les petits animaux apprennent tout de leurs parents et du groupe où ils sont nés afin de devenir des êtres représentatif de leur espèce. En ce temps, on apprenait comment devenir un homme, un honnête homme. Les valeurs étaient celles de la loyauté, de la reconnaissance, de la compassion, du courage, du respect, et, plus que tout, de la reconnaissance de ces valeurs pour ce qu'elles étaient, de leur primauté, et cela même si on les bafouait.

La recherche de la réussite, du plaisir, du pouvoir, de la gloire existait mais ne ternissait pas les valeurs fondamentales. Même si les passions empiétaient ou terrassaient les valeurs, celles-ci n'en disparaissaient pas pour autant. Ce qui faisait de la société un lieu éclairé où chacun pouvait progresser dans tel sens qu'il lui convenait en connaissant la valeur de sa conduite que ce soit dans le bien ou dans le mal. Il est certain que dans ce tableau, les différences étaient grandes et que selon l'environnement social et familial, les enfants recevaient de plus ou moins bonnes valeurs et devenaient des hommes et des femmes plus ou moins accomplis dans leur rôle d'être humain mais le fond du tissus social était malgré tout relativement uniforme de par l'acceptation générale de 'la valeur des valeurs'.

                                                                                                                        SG-2011

Maintenant, vous pourriez penser que le tableau que j'ai tenté bien imparfaitement de la société du 19ème siècle est encore trop rose et vous aurez raison. Mais mon but est principalement de constater que la société est telle que ce que les individus la font, et que ce principe remonte infailliblement à l'éducation des enfants au sein de leur famille originelle d'une part et des valeurs de la société à laquelle ils se trouvent progressivement confrontés car, rien ne sert d'élever un enfant sur des bases saines pour qu'il les rejette à son adolescence afin de suivre les travers d'un environnement en opposition avec les valeurs qui lui ont été inculquées, ce qui est le cas dans toutes les sociétés humaines quelles qu'elles soient.

Dans tous les cas, bien peu sont les parents qui imprimeront à leurs enfants des valeurs supérieures à celles qui prévalent autour d'eux pour différentes raisons dont la première est: "à quoi ça sert ?". Est-il possible et est-il juste d'élever un enfant en chevalier de l'honneur et de la bonté quand il trouvera autour de lui un peuple de traîtres et de lâches ? Le but de l'éducation étant de préparer son enfant à pouvoir trouver sa place dans la société, il serait aberrant de faire des saints qui devront faire leur places parmi des diables. Nous arrivons donc à un paradoxe qui voudrait qu'on réforme la société avant de pouvoir former des êtres humains dignes de ce nom alors que toute tentative dans ce sens, pour peu qu'il y en ai jamais eu, n'a jamais été un succès, sans quoi ... ça se verrait !

Nous arrivons donc fatalement à cette conclusion que je reprend d'un précédent texte que l'écueil majeur qui s'oppose à l'évolution de l'humanité est que: "C'est la société qui fait les hommes au lieu que ce soit les hommes qui forment la société". Est-ce une raison, en notre époque sens dessus dessous pour ne vouloir nourrir son enfant que des fausses valeurs établies sous prétexte que ce sont celles-ci qu'il aura à affronter et donc qu'il devra connaître à l'exclusion des autres ? Certainement non, mais, la tâche devient de plus en plus rude car tout concorde à notre époque à faire de ses anti-valeurs les seuls moyens, non seulement de réussite possible mais d'identification désirable.


NB le titre de ce texte est emprunté au livre d'un philosophe, épistémologue peu connu du début du vingtième siècle, Raymond Ruyer, auteur notamment de La gnose de Princeton.


* Alfred Assolant, Fortuné Du Boisgobey, Ernest Capendu, Eugène Chavette, Henri Conscience, Fenimore Cooper, Alphonse Daudet, Charles Dickens, Honoré De Balzac, Fiodor Dostoievski, Alexandre Dumas, Paul Féval, Emile Gaboriau, Aristide De Gondrecourt, Gontran Borys, Henri Cauvain, Emmanuel Gonzales, Henry Gréville, Jules Mary, Jack London, Auguste Maquet, Pierre-Joseph Ponson Du Terrail, Emile Richebourg, Alfred De Bréhat, Walter Scott, Frédéric Soulié, Eugène Sue, Daniel Defoe, Théophile Gautier, Paul Meurice, Narcisse-Achille De Salvandy, Félicien Mallefille.

// en gras mes préférés ...
(tous disponibles gratuitement en e-books sur Gallica.fr)







2016/08/10

Les Anglais sont des Brutes Incurables ++



J'ai vu beaucoup de peuples dans ma vie.
Mais aucun n'égale la stupidité profonde des Anglais.
Dieu sait pourquoi, quoique j'ai bien des causes à soulever en cette occurrence.

Ce n'est pas pour des prunes que LKJ chante England is a Bitch.

Ma nouvelle voisine est une Anglaise qui est arrivée ici avec une BMW 323 et un chien.
Chien qu'elle laisse seul tous les matins et qui pleure sans arrêt jusqu'à son retour de la plage.

Le jour de son arrivée, vers neuf heure du matin, j'entends ma porte subir un assaut en règle ...
Good gracious me dis-je, qui ose tenter d'entrer chez moi en brisant la porte ???
Je saute de mon lit, car je dormais comme un loir, vu la chaleur  et mes travaux d'écriture, je regarde et vois une petite femme agée s'escrimant, poussant, suant contre ma serrure ...

A ma vue, elle saute sur place, crie "Excuse-me" dix fois et fais une retraite sous mon regard véner ...
Elle avait la clef de l'appartement d'à côté mais le fait qu'elle puisse s'être trompée en voyant que la clef n'allait pas ne lui a même pas effleuré la cervelle.

... Pas un regard, pas un mot d'excuse, nada.

Le lendemain, vers midi, rebelotte, sauf que la porte est ouverte et qu'elle voit l'erreur en arrivant sur le palier ... rire intérieur, passons.

Ce soir, neuf heure 45, je mets de la musique, pas trop fort mais pas inaudible non plus et, grosse pétarade dehors ???
Je sors et vois un feu d'artifice et voila pas que cette Hillary qui s'ignore me harponne et m'enjoint de baisser mon son ...
Not so Madam, il est pas l'heure du couvre feu et c'est pas si fort quoique, si vous voulez, on peut mettre les watts ??

La voila qui s'esbrouffe mais le compte y est pas !
Je m'habille, car j'étais plutôt peu vétu, vu les 35 degrés à l'ombre et je frappe à sa porte ...
God damn !!

"You're threatening me, get away from my doorstep, I'll report on you," and so on.

My goodness, "I only want to talk to you, remind you that your dog ..." No way, stupid, closed as a Lord's gate.

Poor woman, making a fuss of a normal neighbouring event, shaking like a broken bell !

Straight on, je prend ma caisse, fais un demi-tour au frein à main et descend voir le proprio qui a une piscine et un resto un peu plus bas et je lui raconte l'histoire.
Ni une ni deux, il me fait un Raki (anisette), me dis bois un coup, la dame s'en va dimanche, keep cool and don't worry, be happy ...

Greece my friends, no England thanks God.
Les Anglais sont les laquais de l'humanité qui se prennent pour des Lords; pauvre gens.
Ils ont commis les crimes les plus sanglants de l'univers, pire que Hitler, qu'ils ont mis au pouvoir, pire que les islamistes, qu'ils arment et supportent, car leurs crimes se commettent en leur nom sans qu'eux-mêmes apparaissent coupables. Hypocrites, traitres à l'humanité, que Dieu efface votre histoire pour l'éternité !!!


qq ex parmi tant (dans mon autre ordi, des centaines ...):

Irish Slaves – What the history books will never tell you

HRW : Bombs made In UK used against Yemeni civilians



Pour parler un peu des anglais autrement que par une anecdote personnelle, un fait intéressant est qu'ils ont toujours soutenu les dictatures de par le monde tout en se disant une démocratie.

Cependant, l'évolution la plus notable dans cette stratégie eut lieu vers la fin du 19° siècle. Jusque là, ils soutenaient les monarchies européennes, étant eux-mêmes issus de la royauté de Hanovre, dont, soit dit en passant le premier représentant qui coiffa en sus de son titre original la couronne Britannique, un certain Georges - pas de la jungle, était un ivrogne débauché stupide (~~GWB:), donc, les anglais avaient soutenu les monarchies européennes contre la révolution française, puis contre Napoléon mais, quand celles-ci ont commencé avec l'Allemagne à se montrer trop puissantes, elles ont soutenu la France républicaine lors des deux guerres mondiales, puis l'Amérique devenu le tyran mondial et, depuis, à eux deux, ces nations ont favorisé et créé des conflits dans le monde entier jusqu'à financer et armer les principaux groupes terroristes actuels.

Leur intérêt ? Conserver The Pouvoir Absolu. Cependant, ce pouvoir est menacé par l'autre groupe de puissance qu'ils ont dominé et qui est représenté par les anciennes monarchies européennes, la chrétienté catholique et orthodoxe car eux-mêmes sont des anglicans schismatiques, la Russie pour les principaux. Dans le "Nouvel Ordre Mondial, il y a bien deux groupes opposés dont la lutte interne permet d'expliquer bien des événements incompréhensibles autrement, ce dont personne ne se doute et que j'ai expliqué longuement dans mon blog en anglais MfM-News.

En deux mots, les Anglo-Saxons sont alliés à la finance internationale, grandes banques mondiales commerciales, étatiques et institutionnelles, dont Rothschild mais ce n'est qu'un petit composant volontairement mis en avant pour noyer le poisson, ils sont marxistes de principe et satanistes de pratique. Ils s'appuient aujourd'hui sur tout ce qui est réalité virtuelle, déformation de la nature humaine, renversement des valeurs.

Les autres sont des libéraux souhaitant s'appuyer sur l'industrialisme et la chrétienté. Ils tiennent plutôt à s'appuyer sur des valeurs traditionalistes, étatiques, nationalistes. Ils souhaiteraient reprendre le contrôle mondial qui leur échappe depuis environ un siècle car les Anglo-Saxons sont prêt à détruire l'humanité plutôt que de céder leur pouvoir ...

Voila voila braves gens, good day, and think for yourself, it's about time ...





2016/08/08

Enfer & Paradis



ENFER


PARADIS




Salut les enfants !!

il est une heure 44, ah ! 44, et j'écoute Sara Tavares que je viens de découvrir grâce à Dieu !!
je fais cuire des tortellinis à la ricotta et aux épinards après avoir fait cuire des tomates à l'ail et à l'huile d'olive ... /// avec du piment bien sur, comment vivre sans piment ???
Ici c'est Kouberta, près d'Ermioni, Grèce.
L'eau du robinet est chaude et pour avoir de l'eau - tiède, il faut prendre celle du chauffe-eau sans le mettre à chauffer bien sur. 


Ce matin, à 7 heures, j'ai discuté avec mon voisin et ami, pendant une heure. Camara. Un Nègre de Guinée, Guinée Conakri, s'il vous plait ...

Il m'a raconté qu'un musulman a peur de la mort, mais peur, comme vous nimaginez pas !!!
Car, l'Islam professe que, quand on meurt, il faut se réclamer du prophète:
"Dieu" est censé demander au mourant:
- Qui es-tu ? ***
- Quelle est ta religion ? - l'Islam
- Qui est ton prophère ? - Mohammed
- Où est ton lieu de prière ? - La pierre noire de La Mecque

et, si on ne répond pas comme il faut, on reçoit des coups à n'en plus finir ce qui fait que,
tous les musulmans, et les trois quart de l'Afrique ont une peur de la mort qui n'a pas d'égal sur terre !

Quelle folie ...
Bref,

J'aurais aimé faire la transat, et m'arréter au Cap Vert
car là sont des hommes et des femmes comme il n'y en a pas ailleurs, des Africains libres, dans leurs esprit, et j'aurais voulu arriver à la Grenade mais, trop agé, sans moyens, faut pas rêver qu'y disaient mais si, si, si, le rêve c'est la vie, et grâce à internet, et youtube, et google, quoi qu'on on dise et quoique ce soit, nous avons à notre époque la chance invraisemblable de pouvoir appréhender l'humanité où qu'elle soit, et aussi au Cap Vert et le bonheur de pouvoir écouter Sara Tavarès, et bien d'autres, d'aujourd'hui et d'hier comme Mahalia Jackson par exemple, ces étoiles de l'humanité qui font régner le Paradis au milieu de l'enfer ...

Faute d'un peu de Ganja, on se rabat sur un ti punch, citrons verts cueillis sur l'arbre, car l'esprit demande de l'espace, et ce n'est pas les voisins ni les chiens qui hurlent au loin qui aideront ...

Ah, les enfants, le plus dur dans la vie est de garder le sourire, la capacité de rire, de rêver, de savoir choisir le bien, de ne pas s'affoler du mal omniprésent, de la décrépitude de l'homme.
Mais, si d'une façon où d'une autre on arrive à rester éveillé, émerveillé, alors on peut considérer que, grâce à Dieu, grâce au Créateur de la rose et de l'amour, on a su rester vivant car, que demandera Dieu au mourant ???
Es-tu vivant ?
As-tu su garder ton âme de la boue des péchés, de la misère du doute et de la calomnie ??

Ah, lisez Balzac*, jouer de la guitare, fumez des pétards - les hommes car les femmes n'en ont pas besoin, buvez de l'eau et fredonnez des airs de Gospels, vivez, respirez et aimez, car la vie c'est l'amour, la communication entre les êtres, hommes, animaux, plantes, étoiles ...
En dehors de ça, tout est ténèbres, oubli, mort.

Bless !!!

(connexion internet de merde)



Ah, lisez les 40 premières pages de La fille aux yeux d'or, et vous verrez une description faramineuse, fulgurante, époustouflante de Paris au milieu du 19° siècle, description qui est toujours sinon plus d'actualité et qui convient sans aucun doute à l'humanité entière, mis à part les couleurs locales !!!!


2016/07/24

***Liberté, égalité, choucroute ***


"C'est pas l'homme qui prend la mer,
c'est la mer qui prend l'homme ..."
Renaud


L'homme se dit:
"Je suis né à tel endroit, dans tel ville, village, de telle famille, dans telle tribu, près de tel café mais loin de tel autre, donc je suis un élément de ce tout et je possède en moi les caractéristiques de cette société."
L'homme a besoin de se sentir le maillon d'une chaîne qui lui donne son identité car il a soif avant tout de se regarder dans la glace en se disant:
"Je suis celui-ci qui est ceci et non cet autre qui est cela".


A l'inverse de l'aigle, dont il orne avec délices sa mythologie, il ressemble bien au mouton qui n'existe que parce qu'il fait partie d'un troupeau qui, au sortir de sa bergerie, à l'aube alors que les étoiles sont à peine estompées par le jour naissant, court sous ce grand arbre qui lui donnera son ombre quand l'astre du jour sera au zénith.

La question métaphysique que l'on délègue volontiers aux ermites ou aux académiciens reste en vérité au centre de chaque individu car elle est le fondement de toute vie humaine. Cependant, une fois résolue, et ce de la manière la plus aisée et la moins coûteuse possible, elle est reléguée entre la semelle et la plante du pied car, s'il faut bien s'appuyer sur quelque chose, c'est pour mieux l'oublier dans la pratique.

Il ne fait aucun doute que le sentiment d'appartenance à un groupe est un besoin vital qui, comme la choucroute, doit être suffisamment relevé sans pour autant offenser la digestion. Si les hommes n'étaient pas confinés sur terre de par leur nature et la force de gravité, on pourrait imaginer des planètes composées de masses humaines se promenant dans l'espace, agglutinées selon leurs croyances, se croisant en s'apostrophant de loin en loin et rejetant parfois les éléments incompris ou dérangeants leurs unités qui deviendraient des météorites naviguant à l'écart des planètes humaines dans le vide interplanétaire.
Une fois que l'homme s'est donné son la, il se sent libre d'agir comme lui semble bon tout en défendant à l'occasion de toutes ses forces l'apparence qu'il croit posséder parce qu'il se l'est attribué tout seul comme un grand, apparence sociale et non physique s'entend. Alors, tout ce qui ne lui est pas semblable est étranger et tout ce qui lui est étranger est méprisable.

~


(Pépètes au soleil )

Mais cette appartenance à sa propre planète humaine n'empêche pas l'homme d'épouser ou de rejeter ce qui lui plait ou le dérange dans son propre individu, pourtant façonné selon les prémisses généraux de son appartenance à une tribu humaine déterminée, en sorte que chaque homme, se croyant un aigle, préside à sa destinée en incorporant ou en arrachant des morceaux de lui-même qu'il considère utile ou inutile selon les circonstances.

Le résultat de ce processus d'identification général et de rejet ou d'appropriation  circonstanciés est un monde divisé à l'infini où l'individualité ressort à l'opposé de ce qu'elle devrait être. En effet, au lieu que chaque homme devienne le développement harmonieux de ses caractéristiques uniques et fondamentales, et devienne par le développement de ses qualités propres le complément de son prochain, l'individualité n'est par la force de l'absurde qu'un pot pourri des mêmes recettes se confrontant sans cesse et s'opposant pour des qualités absurdes et imaginaires puisées dans le grand fourre-tout des croyances mythiques de sociétés primitives quoiqu'elle se disent évoluées.

On assiste donc sans se poser la moindre question, 
et ce depuis que l'homme existe, à quelques exceptions près 
à ce fait que 

c'est la société qui fait l'homme 
alors que c'est l'inverse qui devrait être vrai. 

De ce fait donc, les individus sont en quelque sorte moulés d'avance alors qu'ils devraient au contraire engendrer une société qui reflète leur image. Ainsi obtenons nous des individus qui n'en ont que l'apparence et qui ne sont que des clones du modèle social prévalent, et, de là, des sociétés qui se perpétuent à l'identique dans leurs fondements quoique la forme diffère selon les lieux et les époques.


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Antoine de Saint Exupéry, "Le petit prince"
(NB ... re-lire le premier post de ce blog, 6 ans déja !!)


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"– Ah ! Maximilien, dis-je en lui serrant la main avec force,
que vous êtes bon ! »

– 185 –

Ces paroles parurent faire sur lui une vive impression. Il
fronça les sourcils, se démena dans son fauteuil et murmura d’un ton boudeur :


« Non, je ne suis pas bon… je suis juste, voilà tout !… La société des hommes, au milieu de laquelle je suis contraint de vivre, a causé à ce malheureux un immense dommage… Je me considère comme responsable, dans une certaine mesure, de cette faute collective… et je tâche de la réparer selon mes moyens. Mon action est bien simple, en vérité, et je m’étonne qu’elle provoque chez vous un tel élan d’admiration !…
D’ailleurs je possède plus d’argent, beaucoup plus qu’il ne m’en faut pour vivre. Je n’ai aucun mérite, ce me semble, à me défaire d’un objet qui m’est absolument inutile !… »


En entendant cette déclaration faite d’un ton brusque, je ne pus m’empêcher de sourire. Vous savez que les médecins, observateurs par profession, finissent par acquérir une sûreté de coup d’oeil qui leur permet de sonder les maux de l’âme aussi profondément que ceux du corps.
Il me semblait qu’à ce moment Maximilien manquait un peu de cette franche sincérité, qui fut de tout temps le signe distinctif et, en même temps, l’honneur des Alcestes. Évidemment il forçait sa nature et tenait un langage que son coeur devait démentir.
Ce n’était pas ainsi qu’il parlait un mois auparavant. Alors sa parole était amère, froide, incisive. On sentait que son âme était ulcérée dans ses plus profonds replis, qu’il méprisait l’humanité pour ses vices, ses erreurs, et enveloppait tous ses semblables dans la « haine vigoureuse » qui grondait au fond de son coeur.
Maintenant, son ton était forcé, déclamatoire.
En l’entendant, je me rappelais involontairement un mauvais acteur de province, qui, jouant Le Misanthrope, enflait ses joues et bourrait de coups de poing et
de coups de pied les meubles de la scène. En vain, Maximilien Heller, obéissant à ce petit sentiment d’amour-propre dont les natures les mieux trempées subissent elles-mêmes le joug étroit, essayait-il de me dissimuler la révolution intime qui s’était faite en lui ; en vain voulut-il


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paraître avoir conservé, dans toute sa rudesse, ce premier aspect sombre et sceptique sous lequel il m’était précédemment apparu : son jeu ne put me tromper. Des
souffrances, des malheurs que je ne connaissais point, peut-être quelque grande injustice dont il avait été la victime, avaient jadis versé dans son âme le poison de la haine et du désespoir. Mais, grâce à Dieu, ce poison venait de trouver son antidote !
Comment, en face de l’oeuvre glorieuse et consolante qu’il
venait d’accomplir, pouvait-il douter de la générosité de
l’homme ? Comment, en présence du succès dont Dieu avait récompensé ses nobles efforts, aurait-il méconnu la puissance et la bonté de la Providence ?


Il est une loi psychologique à laquelle tous les hommes sont soumis, qui nous incline à juger l’univers d’après le monde restreint où nous vivons, et nous porte à contempler nos semblables
à travers le prisme de nos propres vertus et de nos propres défauts. Nous avons les regards constamment fixés sur ce miroir secret renfermé dans notre âme, et c’est en considérant notre
image qui s’y reflète que nous prenons une idée de l’image des autres.


Eh bien ! Il était évident pour moi qu’en se voyant si grand, si noble, si beau dans le miroir de son coeur, Maximilien était contraint de se réconcilier avec les hommes et avec Dieu.
En s’élevant à ses propres yeux, il avait élevé, du même coup, l’humanité tout entière."


Henry Cauvain, "Maximilien Heller"